Note : Ce texte je devrais le mettre dans l'article de mes rêves, daté du 19 nov 2005, mais j'avoue l'avoir un peu...romancé, car il ya des parties dont je ne me
souvenais plus. Donc je les ai écrit de façon à faire un lien.
C'est un texte que j'aime tout particulièrement pour sa noirceur, la solitude et le froid toujours présent... Dans le rêve, l'héroïne ressemblait à Seagourney Weaver pour que vous vous fassiez
une idée...
Voilà, très bonne lecture et j'espère que dans l'autre monde, entre deux mondes, n'est pas la réalité que j'ai vu en rêve...
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Il faisait noir. Il n’y avait rien, pas une once de lumière.
On frappa à la porte. Instinctivement, je répondis oui comme si quelqu’un m’avait demandé si j’étais là. La porte s’ouvrit et je pu sortir du placard. Je me
retournais pour fermer la porte quand je vis la chose la plus horrible qu’on n’eut pu voir de sa vie : mon corps.
Mon cadavre, en fait ! Il était adossé contre le fond du placard, la peau était fine presque desséchée, les yeux à demi clos…la vision horrible me fit claquer
violemment la porte. Je ne pouvais pas voir mon corps ainsi, mais ce n’était plus le mien à présent. Il ne m’appartenait plus, j’étais morte et mon âme s’en était échappée.
Près de mon placard, il y en avait un autre. Mon chat était à l’intérieur. Je pouvais entendre de lointains ronronnements mais – mon pauvre chou – je ne pouvais rien
pour lui. Ma main ne parviendrait même pas à saisir le loquet et à ouvrir la porte… Non, ce n’était pas le moment… Son heure n’avait pas encore sonné.
J’allais dans ma chambre et me blottissais sous les draps. Mon lit était froid, il ne serait sans doute jamais chaud. Qui avait ouvert mon placard ? C’était la
question à laquelle j’essayais de répondre mais…rien ne venait à mon esprit. Ma seule certitude, j’étais morte, morte dans ce placard, sans aucun souvenir de ma vie d’avant et de la façon dont je
m’étais retrouvée dans ce placard ! Est-ce que c’était la même chose pour tous les êtres humains ?
La vie s’était transformée en néant… La mort était froide…
Je m’enfouissais sous les couvertures et m’endormais.
Etre mort signifie vivre éternellement. Je m’étais endormie et bien des années avaient passé. Je ne m’en serais pas rendu compte si je n’étais pas sorti
dehors.
Le temps n’a pas d’importance. Il défile aussi vivement que les jours et on reste soi-même, pour l’éternité. L’éternité…
Il faisait toujours froid quand je me suis réveillée. Le placard de mon chat n’était pas ouvert. Je sortais, traversant toutes les portes et tous les murs de ma
résidence. J’avais oublié, dans mon lieu de vie confiné, que j’étais dans un appartement au douzième étage d’un immeuble, en plein centre ville.
Curieusement, je ne me vis même pas descendre les escaliers. Je m’étais retrouvée en bas très rapidement. Je sortais de l’immeuble. Les vivants dans la rue passaient
et repassaient sans me voir. Le chien d’un aveugle renifla mes pieds et aboya. J’étais certaine qu’il m’avait senti. Les animaux, était-il capable de me voir ?
Puis, tandis que je Alanhais et que je me mêlais aux vivants à la recherche de quelqu’un qui pourrait me voir ou d’autres choses que je ne savais encore, la chaleur
me parvint en rafale. Mes mains ectoplasmiques que j’avais connu grises prenaient une couleur chair. J’avançais et les voitures me traversaient. Je ne ressentais rien hormis une légère sensation
froide à chaque fois qu’on franchissait mon nouvel être.
Les gens ne parlaient pas, ils restaient muets. Tout était très calme et pourtant…les bus, les voitures…
Puis on posa une question et on la réitéra.
- Excusez moi, c’est à vous que je parle !
A moi ! L’aveugle avec le chien me voyait lui ! Il voulait passer et je barrais l’entrée d’une boutique.
- Moi ? dis-je.
C’était la première fois que je parlais. Ma voix semblait être un écho de la mienne quand j’étais en vie.
- Oui, vous, répondit l’aveugle. Vous voyez quelqu’un d’autre à qui je pourrais m’adresser ? C’est bien à vous que je parle. S’il vous plait, laissez moi
passer.
Je me mettais sur le côté et le laisser passer.
Quelqu’un m’avait vu. Un aveugle. Les aveugles, pouvaient-ils tous me voir ou bien c’était que celui-là possédait une faculté extraordinaire ? Je me mettais en
route pour le découvrir. Après l’école des sourds et muets et aveugles, qui ne m’avaient ni entendu ni vu, je rentrais.
A mesure que je me rapprochais de mon appartement et délaissais les vivants, les couleurs de vie sur mon corps fantomatique disparaissaient. Il faisait de plus en
plus froid jusqu’à retrouver la température de mon placard.
Je traversai le mur de ma porte quand je vis dans la pénombre la porte du second placard, ouverte. Je passais devant et la répugnance, une nouvelle fois me saisit.
Le cadavre de mon chat, pendu à la tringle du placard. Je fermais brutalement la porte.
Je me retournais vers la fenêtre et le trouvais assis. Ça avait toujours été sa place. Il ronronnait. Quand il me vit, il bondit vers moi, jusque dans mes bras. Il
était tout froid mais c’était mon Tartine. Quel nom étrange pour un chat. Mais c’est…ma mémoire de vivante se trouble quand je tente d’y accéder pour y soutirer un souvenir. Je ne sais plus qui
c’était…cette personne qui l’avait prise pour une femelle et l’avait appelé pour la première fois Tartine. Le nom était resté.
Je l’emportais dans ma chambre et m’asseyais sur le lit. Tartine sauta hors de mes bras pour se rouler dans les couvertures. Il adorait ce jeu. Assise, je
réfléchissais à mon avenir. Quel était l’avenir pour une morte et son chat mort. Je pensais à l’obscurité de mon appartement alors que dehors, il faisait encore jour. L’ombre, l’obscurité était
chez moi, probablement parce que je n’étais plus.
Je n’avais ni faim, ni soif. Je n’avais plus à me préoccuper de rien et je me disais qu’il devait bien exister quelqu’un dans mon cas. Qu’étais-je sensée
faire ? Je pouvais restée assise jusqu’à la fin de tout mais quelque chose bouillait moi. La connaissance. Je voulais des réponses. N’existait-il pas de paradis ? Etais-je en
enfer ?
La solitude, même auprès de Tartine…
Je décidais de me lever pour rejoindre l’aveugle dans l’enceinte du magasin où il s’était aventuré. Je voulais lui poser des questions et de nouveau avoir chaud,
retrouver la lumière du jour...
Tartine près de moi, nous traversâmes la porte du curieux magasin. Il y avait des objets poussiéreux, des tableaux, des miroirs, des sculptures…et le comptoir ou une
vieille dame payait une vieille chaise des siècles passés. Le vendeur appela un homme dont le bureau se trouvait au fond du magasin. Je reconnu tout de suite l’aveugle. Il vint jusqu’au vendeur,
salua la vieille dame et signa un papier. La vieille dame toute contente s’en alla. Le vendeur qui l’avait accompagné jusqu’à la porte ajuste un petit panneau qui indiquait la fermeture du
magasin d’antiquité.
- Vous n’avez plus besoin de moi, monsieur Strauss ? demanda le vendeur en enfilant son manteau et son écharpe.
- Non, répondit la voix lasse de l’aveugle. Vous pouvez y aller et bonjour à votre amie.
- Au revoir, enchaîna le vendeur en claquant la porte.
Je regardais la scène et souriais car les vivants étaient devenus des acteurs, jouant à merveille leur personnage. L’aveugle passa plusieurs fois devant moi sans
m’apercevoir puis au bout d’un moment, il allait sans dote rentrer chez lui, il s’adressa à moi.
- Vous allez rester là longtemps ? me demanda t-il.
- Je…
- Vous ne savez pas, dit-il à ma place.
J’étais effarée. Les mots s’étaient tût dans ma bouche.
- Qui êtes vous ? interrogea t-il.
- Je suis…
Je ne m’en rappelais plus. Je n’avais jamais songé à me poser cette question. Qui je suis… Qui je suis… Ma mémoire me refusait toute intrusion.
- Vous ne savez pas.
- Et vous, qui êtes vous ? demandais-je à mon tour.
- Lebni Strauss, antiquaire, aveugle, né à Frankfort. Et vivant !
- Vivant…vous savez donc je suis…suis…
Morte.
- Oui. Seulement depuis ce soir. Danny, mon jeune vendeur ne vous voyait pas.
- Vous avez conclu très rapidement ! lançais-je.
- J’ai déjà rencontré quelqu’un comme vous. C’était il y a longtemps, quand j’étais jeune.
- Vous a-t-il parlé ? Vous a-t-il dit des choses ? Quand ça vous arrivera de mourir, vous vous rendrez compte combien c’est dur. On se sent perdu et
seul.
Il avait l’air triste pour moi et touché par la profondeur de mes paroles.
- Vous cherchez des réponses, dit-il. J’en ai pour vous. Venez, nous allons nous asseoir dans mon bureau et vous saurez tout ce que je sais.
Il me fit signe de le suivre jusqu’au fond du magasin où une porte conduisait à un bureau, débordé de livres, de dossiers et d’objets informes. Il désigna un canapé,
je m’assis. Tartine se logea sur mes genoux. Je me mis à caresser le pelage soyeux et chaud. Strauss s’assit derrière son bureau et se servit une boisson alcoolisée.
- Ce don me vient de ma mère. Elle était irlandaise et possédait quelques facultés psychiques, héritées de toute une génération de femmes. Moi comme je suis aveugle,
le don a certainement subit une sorte de mutation qui ça m’a permit de voir au-delà de certaine chose. Pour tout vous dire, j’ignore absolument à quoi ressemble Danny, je ne vois même pas Max,
mon chien de compagnie. Néanmoins, je suis capable de voir des personnes mortes comme vous. Bien sûr, aucune personne de mon entourage ne sait cela. On m’enverrait en hôpital
psychiatrique !
Il s’interrompit et but une gorgée d’alcool.
- Quand j’étais adolescent, j’ai rencontré Alan. Il était incapable de dire quoi que ce soit à son sujet. Il était perdu comme vous. Il cherchait des réponses mais
n’en trouvait pas. Par hasard, nous nous sommes rencontrés et comme j’étais le seul à le voir, il s’est dit que j’étais le seul à pouvoir l’aider. Il n’avait pas tort. Cette expérience m’a permis
de renouer avec ma famille. Ma grand-mère qui possédait des dons exceptionnels, était révoltée contre moi. Mon frère qui était en parfaite santé n’avait hérité aucun don. Ce n’est pas moi qui aie
choisi. Le don est transmis au hasard. Je lui ai parlé de Alan et nous nous sommes réconciliés. Elle était incapable de le voir et se rendit compte que ma cécité pouvoir aider les âmes en
peine.
- Les âmes en peine ? demandais-je subitement.
- Oui, Alan en était une. Sa mort n’avait pas été une mort normale. Ce n’était pas son heure, il est mort avant. Et le plus important, il avait été
assassiné !
- Un meurtre ?
- Certainement.
- Alors, le placard…
- Un placard ? interrogea t-il en fronçant les sourcils.
- C’est de là que je suis sortie et que j’ai laissé mon cadavre.
- Hum, je vois. Ma grand-mère m’expliqua que ce lieu d’où vous émergez de la mort ou de… Ce lieu où vous quittez votre enveloppe charnelle, c’est celui où votre
corps est resté. Autrement dire, vous êtes mortes dans un placard.
Je voulais dire que c’était terrible. Je sentais les larmes venir, j’avais envie de crier, d’hurler…
- Comment s’en est sorti Alan ?
- La solution était simple mais difficile. C’est une vie pour une vie. Le temps s’est arrêté pour vous et le seul moyen qu’aura trouvé Alan, c’est de retrouver son
meurtrier. Juste de le retrouver, de le voir et peut-être faire pression sur lui pour qu’il se dénonce.
- Que lui est-il arrivé après ?
- Bien des années plus tard, j’avais trente ans mais le monde n’avait pas changé pour lui. Sa vie avait prit fin quand j’avais eut seize ans et il me voyait tel
quel. Vous comprenez mieux maintenant, quand je vous disais que le temps s’était arrêté. Il est venu me voir et m’a dit qu’il allait partir vers un endroit certainement meilleur. Une lumière
brillait près du lieu de sa mort. Il est venu me dire au revoir puis la franchir et aller ailleurs. Là où tous les morts veulent aller. Je ne sais pas où c’est, je ne sais pas à quoi ça
correspond… Là, c’est trop m’en demandé.
- Comment était-il mort ?
- Son oncle l’avait noyé dans sa baignoire. Malgré son jeune âge, mort à huit ans, il était très intelligent. Peut-être à cause des jours où il avait erré près de
son lieu de mort.
- Alors je dois retrouver la personne qui nous a fait ça, à moi et à mon chat ?
- Oui.
J’étais morte et la seule solution pour que ma situation s’améliore était que je trouve mon assassin. Mais si le temps s’était bloqué pour moi et que les vivants
vivaient normalement dans leurs temps cela voulait dire que mon meurtrier était plus âgé qu’au jour de mon meurtre…
- Comment me voyez vous ? demanda subitement l’aveugle. Quel âge me donneriez-vous ?
- Vous me faites penser à un homme d’une cinquantaine d’années.
Il se mit à rire, je ne compris pas pourquoi. Il m’expliqua :
- Comme le temps s’est figé – pour vous – à l’année de votre mort, vous me voyez tel que j’étais. Mais le temps pour moi a continué à dérouler sa bobine. J’ai
maintenant quatre vingt deux ans !
- Ce qui voudrait dire que je suis morte il y a trente ans.
- C’est exact.
- Alors je dois chercher ce qui s’est passé il y a trente ans dans mon immeuble. La police a sûrement dû ouvrir un dossier. Je dois retrouver ça si je veux m’en
sortir.
- Je vais vous aider mais d’abord je vais rentrer chez moi et dormir. Demain je reviendrais, je fermerais la boutique ainsi, personne ne nous dérangera et on verra
si on peut trouver quelque chose.
Il finit son verre et héla son chien, un beau labrador noir.
- Je vais rester ici, dis-je. C’est mieux que dans mon appartement où il fait toujours froid.
- D’accord, alors à demain.
Il me salua et partit.
Qui m’avait tué ? Pourquoi ? Je tentais désespérément de me souvenir de moi vivante mais rien. Rien que le néant.
La porte du bureau s’ouvrit. Strauss apparut, se débarrassa de son long manteau marron puis alla chercher une caisse en bois d’où il sortit un énorme paquet de vieux
journaux. - - Bonjour, me dit-il.
- Bon…jour… Vous m’avez quitté il y a quelques minutes.
- Le temps, souffla t-il. C’est quelque chose de spécial, vous ne croyez pas.
Je compris ce qu’il voulait dire. Ces quelques minutes, c’était des heures qui avaient défilé, je ne m’en serais jamais rendu compte.
- J’ai apporté des archives. J’ai un ami enquêteur, il m’a cédé tout ce que je lui ai demandé. Je lui aie parlé d’une recherche personnelle.
Je souris.
Il me tendit un journal mais ma main ne le saisissait pas. Je me contentais de regarder par-dessus son épaule les pages qu’il tournait. Des pages et des pages…rien.
Encore des pages…Et soudain, la disparition d’une jeune femme d’une trentaine d’années. Il y avait une photo. Pas de doute, c’était moi. Strauss me reconnut immédiatement et je me reconnu d’après
l’image que j’avais gardé de mon cadavre adossé au fond du placard.
Une légende indiquait : Louise Fergusen, vingt huit ans a disparu dans la nuit du trente novembre sur le retour de son travail.
Louise Fergusen, même en prononçant ce nom, ma mémoire refusait de s’ouvrir.
- Martha, vous vous souvenez de quelque chose ?
- Non, il n’y a rien. Même ce nom ne me dit rien. Je me sens comme un livre aux pages vierges où il faudrait tout réécrire…
- On va trouver quelque chose, ne désespérez pas.
Il sortit du bureau et revint charger d’un appareil qui m’était inconnu. En tout cas, pas sous cette forme.
- C’est très pratique un ordinateur, dit-il. Je suis connecté au réseau de mon ami détective. Allons voir ce qu’on peut trouver sur vous.
Il alluma rapidement l’appareil, dans un onglet qui demandait l’objet de la recherche, il tapa Louise Fergusen et valida. Un dossier correspondait à mon
nom.
Je découvris que je m’appelais Louisse Marie Angélique Fergusen. J’avais épousé Paul Fergusen à vingt trois ans et nous avions une petite fille, Chloé. Je
travaillais dans une association et faisais du bénévolat dans une agence pour les femmes battues. C’était en revenant de l’agence que j’avais disparue.
- Vous avez fait beaucoup de bien dans votre vie, souligna Strauss.
- Je croyais que vous ne pouviez pas voir ? Ce n’est pas du braille !
- Non, mais ça vous concerne et tout ce qui vous concerne je peux le voir, le sentir. Ah regardez en bas.
Mon meurtrier ! Sa photo était affichée au bas de mon dossier.
Je le voyais pour la seconde…non la première ou…
- J’ai l’impression de l’avoir déjà vu…murmurais-je.
- Oui, c’était pareil pour Alan. Sa mémoire ne voulait rien lui laisser voir. Quand il a vu son meurtrier bien qu’il ne s’en souvenait plus, il était certain de
l’avoir déjà vu.
Un paragraphe indiquait que Ben Lopez avait eut une altercation avec la disparue le soir même de son enlèvement. L. Fergusen défendait Evelyne, épouse battue de
celui-ci. Puis, une notation indiquait un autre dossier.
- Prenez le dossier 4.8.01.30 ! ai-je ordonné. C’est le quatrième sur la pile de gauche.
Strauss suivit mes indications et prit le dossier. Il portait le nom d’Evelyne Lopez. Il l’ouvrit et je découvris une terrible nouvelle. Quelques années après mon
enlèvement, Ben avait tué sa femme. Il fut mit en psychiatrie car son avocat le fit passé pour un dément. Le nom de l’hôpital psychiatrique était inscrit, je saisis Tartine dans mes bras et
m’apprêtais à franchir le mur quand Strauss m’annonça :
- Je regrette. Je suis désolé pour vous.
- Pourquoi dîtes vous ça. Je suis sauvée. Vous m’avez beaucoup aidé. Je vais trouver Lopez et quand je le verrais je pourrais faire comme Alan.
- Non, dit-il tristement. Je suis désolé, Lopez s’est suicidé. Il est mort. Vous…
…ne pourrez jamais quitter cet endroit.
Je…ne pourrais jamais quitter cet endroit. Jamais…
Je restais immobile si longtemps que je n’avais pas vu que Strauss avait disparu. Quand j’ai enfin bougé de nouveau, je n’étais plus dans un bureau mais dans un
magasin de vêtements. Des jeunes filles riaient en essayant de nouveaux modèles. Tartine se frottait contre mes jambes. Le temps avait défilé pour les vivants mais pour moi…
Je retournais chez moi avec la certitude que cet appartement lugubre ne retrouverait jamais ses couleurs. Il n’avait rien de Louise Fergusen. Sur la porte d’entrée
était gravée dans le bois le nom de Ben Lopez. C’est là qu’il m’avait certainement emmené pour me tuer. J’étais morte dans cet appartement et fou – c’était certain – il m’avait enfermé dans un
placard sur roulettes. Tartine aussi. Non, pas tartine. Tartine c’était plus tard ou bien plus tôt. La mémoire continue à m’échapper.
Je me pose d’autres questions. Je sors parfois de mon antre où fait s’y froid. Je cherche des informations sur les âmes en peines. Qui sait un jour, je pourrais
sortir de ce cauchemar…
Qui sait un jour, je pourrais sortir de ce cauchemar…et aller ailleurs, dans la lumière…
Chris Angel - Caliope
Par Caliope321
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Publié dans : Ma Plume
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