Partager l'article ! Nouvelle : Jeux de fantômes 06: - Voici celui qui pourrait détenir le rôle de Morsheebah - un per ...
- Voici celui qui pourrait détenir le rôle de Morsheebah - un personnage félin que vous allez rencontrer sous peu. Dans la première version de l'histoire (celle-ci est la seconde) il s'appellait Minuit ou Hécuba, mais, je me suis dit que ça faisait trop films et j'avais envie d'un nom singulier et puis j'adore le titre The Sea du groupe Morcheeba...grand clin d'oeil que je fais là ! -
Note : le fantastique arrive bientôt, lorsque Janyce aura fait sa bêtise... Oolà, j'en ai déjà trop dit ^___^ Bonne lecture !
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Les jours s’égrenaient.
Une semaine et deux dimanches s’étaient écoulés depuis que nous étions installés à Cloverdale. Papa était allé trois fois à Narft Mount, ville de
gratte-ciels et de centre commerciaux. Je vis ma future école et on acheta un téléviseur, des toiles, des pots de peintures, du tissu, des bobines de fil à coudre et des vivres.
Pour échapper à la solitude, Carolina crayonnait de nouvelles robes, de nouvelles chaussures et imaginait des centaines de ceintures et de clips pour
décorer les coiffures, tandis que je peignais. J’emportais mon chevalet à l’extérieur de la maison et sur les toiles, naissaient des paysages aux couleurs vives. Je m’inspirais du Cloverdale et
de ses arbres titanesques qui allaient toucher la voûte céleste. Je m’inventais des contes, tentais de les reproduire en peinture.
Un soir, où je peignais dans ma chambre, Carolina entra sans que j’y prête attention. Je contemplais ma toile, fraîchement terminée et elle me dit que
c’était sans nul doute une peinture qui ferait parler de moi. Elle n’avait pas tort. Bien longtemps après ce jour, ce paysage à jamais immortalisé de Cloverdale irait rejoindre une importante
collection de tableaux et révélerait au monde, l’artiste que je suis.
J’avais quatorze ans, je ne m’imaginais pas qu’un jour j’aurais ma propre galerie, j’ignorais même quelles études je choisirais après le lycée. Je
trompais le temps en peinture, au fond, je m’ennuyais. Il n’y avait rien pour moi ici, mes amis me manquaient.
Cloverdale était un village charmant, très beau mais d’un profond ennui mortel. Il y avait une raison à cela, vous pouvez bien ne pas me croire,
pourtant je vais vous la raconter.
Il s’était produit un drame au village, ce qui expliquait qu’aucun enfant ne devait jamais plus habiter ici. Mais j’étais là et devrais en subir les
conséquences.
Le père Marcelin avait souhaité me protéger mais je n’aimais pas les bancs de l’église, je n’avais plus la foi.
Carolina et moi combattions l’ennui à travers nos passions tandis que Papa travaillait à Narft Mount. Il partait le matin très tôt et revenait en fin
d’après-midi. Voyant que ses deux femmes luttaient, il nous rapporta une après-midi, de quoi nous défendre.
Carolina eut droit à un tas de magasines de modes tandis qu’un vélo rose m’attendait à l’arrière de la voiture ainsi qu’un carton suspect.
- Le vélo est tous terrain ! fit remarquer Papa. Et il y a une superbe sonnette !
Je le trouvais beau mais j’étais intriguée par le carton qu’il tenait dans les bras.
Je remarquais que le couvercle était troué en de multiples endroits.
- Est-ce que c’est … ?
Quoi que ce puisse être, j’étais immensément heureuse. J’avais une idée de ce que ça pouvait contenir mais, je ne voulais pas trop y penser sur
l’instant, au cas où ça n’aurait pas été ça.
Comme j’ôtais le couvercle, je vis un pelage blanc et noir. Puis une tête se tourna vers moi et j’explosais de joie.
- Un chat, merci Papa !
J’avais toujours voulu en avoir un mais l’occasion ne s’était jamais produite.
- Il est magnifique ! ajoutais-je.
Je prenais le chat dans mes bras. Il se laissa faire et ne montra aucune inquiétude. Je caressais le dessus de sa tête et son cou, voilà qu’il se
mettait déjà à ronronner.
- Doug ? appela Carolina.
Etant donné le regard qu’ils s’échangèrent, je compris qu’ils n’avaient pas discuté sur le fait d’avoir un félin à la maison.
Papa fit un pas vers elle et lui expliqua la situation. Il s’était arrêté à une épicerie pour lui acheter un bouquet de roses, lorsque la vendeuse
avait tenté de lui vendre un chat. Il s’y était opposé. Puis ils avaient parlé de lui, venu vivre à Cloverdale avec sa fiancée et sa fille. La dame avait alors insisté pour offrir à Janyce ce
chat blanc et noir qui la protégerait des mauvaises vibrations, tels avaient été les mots de vendeuse.
- Tu as cru aux mauvaises vibrations ! s’étonna Carolina. Elle voulait se débarrasser d’un de ses chats qu’elle n’arrive probablement plus à
nourrir.
- Il ne te fera pas de mal, d’accord ? Parce que Janyce va lui donner tout l’amour qu’elle a, hein, Janyce ?
Carolina s’était fait mordre par un horrible chat quand elle était petite. Depuis ce jour, les chats n’avaient plus été ses amis.
- Oui, Papa. On mettra sa litière dans mon atelier, il n’embêtera jamais Carolina, n’est-ce pas Morsheebah ?
- Morsheebah ? répétèrent Papa et Carolina, intrigués.
- Je sais, c’est un nom un peu bizarre, répondis-je. Mais regarde, il a un collier et son nom est Morsheebah.
Le chat s’était mis à miauler à chaque fois que j’avais prononcé son nom.
- Peut-être un chat perdu, dit Papa. D’après ce qui est écrit, il aurait un an. Il faudra l’emmener au véto pour voir si tout est en ordre.
Je le câlinais tendrement tandis qu’il me dardait de ses deux prunelles jaunes. Dès lors, Morsheebah me suivit où que j’aille, un brave petit
compagnon. Même lorsque Papa et Caroline l’effrayaient avec de l’eau, il bravait la peur pour me rejoindre. Adorable !
Les Dalloways, Papa et Carolina sympathisaient. C’est toujours nous qui les recevions. Une habitude s’était installée. Pour une raison connue
d’eux-mêmes, personne ne pouvait aller chez eux.
Pour éviter les longs silences, les moments d’égarements, on évitait les sujets dérangeants, à savoir : les enfants, les animaux domestiques, sauf les
poules et les vaches, Marjorie rêvait de tenir une petite ferme ; son mari n’y voyait pas le moindre intérêt : l’épicerie de Cloverdale leur fournissait les œufs et le lait dont ils avaient
besoin. On ne parlait pas non plus du père Marcelin, selon Marjorie il était toqué. Enfin, à qui ne manquait-il pas un boulon à Cloverdale ?
Plusieurs fois, notre voisine essaya de rallier son mari à sa comparaison entre moi et une certaine fillette dont la poupée avait les yeux bleus
océan. Mais Harold Dalloways ne semblait jamais se souvenir.
- Elle avait de longs cheveux châtain et raides, disait Marjorie.
Les miens étaient assez longs, c’est vrai, mais ils ondulaient. Comme la fille à la poupée, ils étaient châtains, non ils tiraient sur le roux, comme
Maman, alors que Papa était brun et Carolina, blonde.
- Elle avait un visage régulier, comme le tien.
On me l’avait souvent dit, que j’avais un visage fin. Des yeux noisette comme ma grand-mère paternelle, la silhouette élancée de ma mère, le
tempérament de mon père…
Je réalise que je ne vous ai pas parlé de mes parents. Douglas Damery était grand, brun et détestait se raser, c’est pourquoi il avait souvent cette
barbe de trois jours autour du menton. Ma grand-mère avait souhaité qu’il devienne footballer professionnel. Il en avait la carrure mais le foot, ce n’était pas son sport préféré ! Il favorisait
de loin le baby-foot avec ses amis de la fac et voilà, il était devenu commercial et je pense qu’il en avait eu marre de proposer une panoplie de canne à travers le pays. Puis surtout, il ne
roulait pas sur l'or !
Carolina était potelée. Enfin, je ne trouve pas. Mais, l’une de mes tantes le dit tout le temps. Je ne pense pas que les tops modèles rachitiques et
filiformes plaisent vraiment. A moi, ils me font plutôt peur. Une femme doit avoir des formes, et ne pas ressembler à un fil de fer. Passons. Carolina, à peu près la même taille que Papa, blonde,
les cheveux coupés au carré, a les yeux bleus, ce qui à mon avis l’a tout de suite séduit.
Ils avaient respectivement trente huit et trente deux ans.
- Harold, tu ne te souviens vraiment plus ? Où l’avons-nous revu ? demandait Marjorie à son mari, mais celui-ci ne se rappelait jamais.
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